Interview : Paris'Topher

Paris'TopherLes mixes de Paris'Topher sont Tech House, Progressive et Electro, enrichis de raretés de sa discothèque… Toujours en accord avec son public, il fait passer de bonnes vibrations le long de ses sets qui sont toujours entraînants et pleins de rebondissements. Nous l'avons retrouvé pour la soirée Naughty où il a mixé en after au Steelgate. C'est une personne que j'ai énormément apprecié pour sa gentillesse et sa simplicité.

- J'ai lu que tu as baigné tout jeune dans la musique, peux-tu nous expliquer comment est-ce arrivé ?

J’ai mes grands pères qui étaient musiciens, j'ai baigné dans la musique grâce à eux parce que le dimanche après midi quand je déjeunais chez mes grands parents, ils jouaient de la guitare, on chantait et puis petit à petit, moi à l'adolescence je me suis plongé là dedans. J’ai commencé à m'intéresser a la musique alors que mes parents eux n'écoutaient que ce qui passer à la radio. Je ne sais pas d'où ça m'est venu, d'un coup, j'ai eu envie d'aller chercher plus loin et de voir un peu ce qu'il se passait dans la musique. Surtout à l'époque c'était le disco, moi quand j'ai commencé à m'y intéresser c’était vraiment le début du "Disco". Partout on en parlait à la radio, à la télé, ça me fascinait de voir ces gens avec des costumes incroyables, des boules à facettes. J’étais trop jeune pour aller en club à cette époque là mais j'aurais bien aimé revivre cette époque là quand même.

- Quels sont les personnes qui t'ont les plus influencé?

Paris'TopherJe pense que c'est "Depeche Mode", j'ai toujours été fan de Depeche Mode depuis leur début. Ils ont été un peu les précurseurs dans les remix je trouve. Et un peu après Front 242 qu'on a classé dans le style "electro body music" ou EBM, musique un peu pour le dancefloor et en même temps un peu électro, j'ai beaucoup aimé ces sons là aussi.

- Dans quelle discothèque as-tu fait tes débuts ?

C'était une petite boite de province à Dreux à 1 heure de Paris, le "Blue Eyes". C'était une boite gay, ce qui était assez incroyable pour une petite ville de province comme ça où il ne se passait pas grand chose. J’ai commencé là bas en mixant un peu de tout et principalement de la techno et c'était difficile parce qu’ils n’étaient pas fait pour ça, ils me demandaient souvent Gilbert Montagné ou Mylène Farmer.

- Par quel moyen es-tu arrivé à Paris ?

Paris'TopherA Paris, ben en fait quand j'étais en province, j'avais beaucoup de mal parce qu'au bout d'un moment il ne se passait plus grand chose et j'avais envie que ça bouge plus dans ma vie. Et quand j'ai découvert Paris, moi qui travaillais dans l'architecture, je suis tombé amoureux de cette ville. J’ai vu ce qu'il se passait au niveau des nuits à cette époque là, en 1991-1992 dans les raves-party. Pour moi c'était l'explosion, j'avais besoin de sortir, besoin de faire la fête, c'était le meilleur endroit, il n'y avait pas mieux. A cette époque là ça bougeait vraiment beaucoup.

- Et à Paris, où as-tu commencé à mixer ?

J’ai commencé à mixer au "Gobelet d'Argent" qui était un bar "transe" et "gay" en même temps donc c'était une bonne ambiance familiale, un tout petit bar mais où à 2h du matin comme on n'avait plus l'autorisation après 2h, on fermait les portes et on dansait dans le bar, on faisait la fête jusque 6h des fois 7h. Et j'avais une résidence là bas, je mixais 2 fois par semaine.

- J'ai lu aussi que tu avais pu rencontrer Nina Hagen lors d'un concert où tu as mixé en 1ere partie, peux-tu nous en parler ?

Paris'TopherJ’ai voulu absolument une photo à côté d'elle mais cela a été impossible. Toute la soirée, elle avait son fils qui était malade, elle était tellement préoccupée par ça, par son maquillage et tout, que j'ai rien pu faire avec elle. Mais elle a apprécié ce que j'ai fait, apparemment cela lui a plu, donc j’étais content, j'étais très fier en même temps.

- Tu as remixé des morceaux très connu comme par ex: un opéra de Beethoven, la Madrague de Brigitte Bardot .... Quelle passion de la musique !

C'est par des amis, des connaissances à qui je donnais des cds ou qui m'ont entendu mixer, qui m'ont proposé ça et je me suis dis pourquoi pas, ça peut être intéressant. Et en même temps, pourquoi je resterais dans un style parce qu’à l'époque, c'était la trance. C'était pour une amie qui faisait un défilé de mode pour des maillots de bains, je me suis dis "la madrague" avec quelques mouettes derrière et un rythme break-beat ça le fait et il parait qu'ils ont adoré. Et pour Beethoven, malheureusement cela a été un peu dur pour certaines oreilles parce qu'il  y a certaines choses qu'il ne faut pas toucher dans la musique mais ça va, cela a bien marché aussi je crois car c'était pour accompagner une pièce de théatre "Don Juan" plutôt moderne.

- Pourquoi ce nom ? Paris Topher ?

Paris'TopherParce qu’à l'époque c'était dj Topher, tout le monde m'appelait "Topher". J’ai changé pas mal de nom, dans la trance, c'était "L-ium" mais ça s'écrivait un peu difficilement, je n’aimais pas trop. Après quand j'ai changé de style, j'ai arrêté carrément le côté "Rave" et "Free Parties", tout ça, je suis vraiment passé dans les clubs, "L-ium" ça ne collait plus trop. Donc dj Topher, mais je me suis rendu compte par la suite qu'il y en avait d'autres notamment aux Etats-Unis, un autre aussi en France et je ne voulais qu'on m'associe à d'autres. J'ai eu des remarques sur mon site internet où l'on me disait, attention mon nom est pris, moi je mixe depuis plus longtemps que toi. Je me suis dis, je ne veux pas chercher d'histoire donc "Paris'Topher", pour moi Paris c'est la ville que j'aime.

- Parles-nous de ta rencontre avec Nicolas Nucci ?

Cela a été une étincelle pour moi, un coup de foudre un peu en même temps parce que j'adore Nicolas. On s'est connu dans une soirée : le "Nombril", le vendredi soir, le "Friday-Party" qui se passait dans un petit club de Pigalle et on nous a mis en relation. Donc j'ai mixé une fois avec lui et on a tout de suite accroché. Moi j'ai adoré son son, lui a beaucoup aimé ce que j'ai fait aussi ce soir là. Donc on a eu l'occasion de mixer ensemble. Comme "Progress" c'est sa soirée et qu'on s'entendait bien, il m'a donné ma chance. Il m'a vraiment relancé parce que c'était une période où musicalement je mixais un peu comme ça de temps en temps. Cela m'a vraiment fait plaisir. C'est une superbe récompense "Progress", j'adore l'ambiance, le feeling, la salle avec tout ce qu'il  se passe là-bas, les gens. Pour moi c'était vraiment le meilleur endroit sur Paris.

- Est-ce une première ta venue en Belgique ?

Paris'TopherNon, j'y suis déjà venu assez souvent parce que j'ai un ami qui habite à Bruxelles. C'est lui qui a organisé la "Workshop" qui était une after, assez particulière vu l'endroit parce que c'était le "Cocoon Club" avec sa piscine. Donc il y avait des gens qui arrivait en maillot de bain en dansant avec la pieuvre gonflable, c'était assez incroyable cet after. J'en garde un très bon souvenir. Une fois aussi au "Palace", un petit club, c'était une soirée lesbienne et c'était l’anniversaire de mon ami "Sergio" il a demandé si je pouvais passer quelques disques et j'ai mixé de 4h à 6h du matin et c'était génial, ce n’était pas du tout attendu. J'ai adoré le contact avec ces filles. Super ambiance.

- Pour cet after au Steelgate, que nous as-tu préparé?

Progressive, enfin ce que j'appelle la progressive avec Nicolas, c'est vraiment la musique qui me passionne parce qu'on arrive vraiment à retrouver pleins de choses dans cette musique. Mélanger un peu d'électro, un peu de tribal et pas se cantonner toujours aux mêmes sons. Faire voyager quoi. Je ramène aussi mes influences des années 80-90, New Wave, électro,… J'essaye de mélanger un peu tout cela. Et Depeche Mode qui est toujours mon groupe fétiche.

- Enfin une toute dernière question, aurais-tu un scoop pour notre site ?

Ben justement, malheureusement, non je n'en ai pas, pas pour l'instant.

Site Officiel : www.paristopher.com

Photos de la soirée Naughty + After au SteelGate >>

Retrouvez un de ses mixs >>

 

by EnriCa

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