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I NEED SNOW - 25/03/2017

Lost Frequencies

Cocorico ! C’est avec un énorme plaisir que pour marquer la réouverture de la section Interviews, notre star nationale Lost Frequencies m’a fait le grand honneur de répondre à mes questions ! Après avoir explosé les charts mondiaux avec son remix du single « Are You With Me » du chanteur Easton Corbin, il caracole à nouveau en tête des classements internationaux avec son nouveau tube « Reality ». Félix, de son vrai nom, est aussi le premier belge à se retrouver numéro un en Angleterre ! Il nous apprend que son premier album est en préparation et se dévoile aujourd’hui pour Ready2Move !




Bonjour Félix, avant tout, je tiens à te remercier de m’accorder cette interview. Comment vas-tu ?


Super bien! L’année 2015 se termine super bien, et 2016 s’annonce chaud! Avec une Ancienne Belgique (Bruxelles) sold out, Coachella en Californie et encore plein d’autres choses!


Tu as appris les bases de la production avec un logiciel très simple : GarageBand. Aujourd’hui, tu travailles sur Logic. Penses-tu que commencer avec un logiciel basique t’a aidé à fixer les bases de la technique que tu maîtrises aujourd’hui ?


C’est vraiment marrant car, à la base, je ne pensais qu’à faire des mélodies, je ne comprenais pas le fait de travailler la qualité du son comme je le fais maintenant. Ma méthode de travail a beaucoup changé avec les changements de programme… Je serais curieux d’ailleurs, de réouvrir garageband, et de voir ce que je serais capable de faire avec ce programme, maintenant que je comprends bien mieux comment tout marche dans ce style musical!


Justement, à l’heure où ces logiciels sont disponibles pour tous, de plus en plus de jeunes s’essayent à la production dans leur chambre (la vague de l’EDM ayant d’ailleurs énormément amplifié le phénomène). Pour toi, qu’est-ce qui a fait la différence par rapport aux centaines de milliers qui tentent de percer dans ce milieu ?


Je pense que j’ai un côté très « guilty pleasure » dans mes chansons; je fais des tracks qui ont un beat qu’on pourrait qualifier de « Deep House », mais cela reste très soft avec de chouettes vocales. Je n’ai pas cherché à faire des chansons qui seront jouées dans les plus grand festivals, j’ai juste cherché à produire de la musique que moi-même j’adore, qui me faisait planer. Je n’ai pas vraiment cherché à imiter d’autres DJs, car les DJs que moi j’aime bien, ne font pas vraiment le même style de musique que moi d’un point de vue production. Je pense aussi que c’est ça qui m’a aidé, le fait d’écouter beaucoup de styles musicaux, parfois plus « hard », mais quand même produire mes chansons « cool down » on va dire !


Tu t’es trouvé un manager immédiatement ou bien as-tu galéré seul à tes débuts ?


Je ne comprends que récemment le rôle important que joue mon manager dans ma carrière. J’ai d’abord été en contact avec la maison de disque « Armada » (NDLR : Armada Music est une maison de disques néerlandaise, cofondée en 2003 par Armin van Buuren), et eux m’aidaient pour pas mal de chose. Mais c’est vrai que maintenant, mon manager s’occupe de beaucoup de choses, et m’aide à accomplir pas mal de trucs. J’ai rapidement été approché par des teams qui voulaient bien s’occuper de moi, mais j’ai finalement choisi de travailler avec une équipe belge, je trouve ca important de se sentir « chez soi » dans sa propre team !


Tes productions sont très riches, très bien masterisées (equalizers, compression, panoramique, etc.), as-tu une formation d’ingénieur du son ou as-tu appris sur le tas ? Quelle est la part de pré-mastering que tu réalises dans ton studio ?


Je crée ma chanson moi-même, j’ai mixé « Are You With Me » moi-même tandis que « Reality » a été mixé dans un studio avec un professionnel, car j’avais vraiment envie qu’elle sonne bien. Le deuxième single était pour moi très important ! Je fais toujours masteriser mes chansons par plusieurs gars, et choisi finalement le meilleur parmi les masterings proposés. C’est marrant car ce sont souvent les chansons qui ne sont pas fort compressées que je choisis.


Tu joues du piano depuis tout petit, n’était-ce pas trop contraignant le solfège ?


A vrai dire je n’étais pas surexcité d’aller au cours de solfège, mais je dois avouer que le piano et le solfège m’ont pas mal aidé… J’ai aussi beaucoup appris ensuite par moi-même sur internet !


Y’a-t-il un auteur de musique classique qui t’inspire particulièrement ?


J’aimais bien les Quatre Saisons (Vivaldi) à un certain moment, mais à part ça je n’ai jamais vraiment été très très classique. Donc non, pas vraiment en fait !


Le style que l’on t’attribue, et qui sert à faire la comparaison indirectement avec Manila Killa, Robin Schulz, Bakermat ou encore Kygo est appelé « Tropical House ». Quel sont les éléments essentiels que l’on retrouve dans ce tout nouveau style ?


Je dois avouer que je n’aime pas trop qu’on associe ce style au mien, car pour moi, la tropical house, c'est vraiment des chansons ou le bpm (beat par minute) est très lent, on est dans les alentours de 100 bpm, ce qui pour de la « House » est quand même assez lent, on ajoute des leads/plucks avec pas mal de « glide », cet effet qui imite un peu le son d’une guitare où l’on joue une corde et l’on glisse le doigt le long de cette corde ; ça va donner une note qui se fait piocher vers le haut ou le bas. Encore quelques congos, et on fait de la Tropical House. Mais je pense que maintenant la tropical house s’est agrandie et englobe aussi les chansons comme moi ou Robin Shulz, qui sont déjà plus rapides à la base, mais qui ont pas mal de vocales et sont facilement accessibles. Je préfère décrire ma musique comme de la « Indie - Dance », indie venant de « indépendant » du « Indi-Rock » : les gars qui faisaient du rock dans leur garage. Moi je le fais dans ma chambre sur mon ordi. Du coup « Indie-Dance » me paraissait assez marrant.


Aimerais-tu t’essayer à d’autres genres totalement différents tels que le Hip-Hop, le Reggae ou encore composer de la musique de film ?


Pourquoi pas ! J’adore faire de la musique, je suis en ce moment même en train de produire des chansons pour d’autres artistes, du coup je peux tester d’autres trucs!


Tu t’éclates plus en studio ou sur scène (en live) ?


J’aime les deux ! Les deux sont très différents. Quand je fais mes DJ sets, je joue un peu plus hard que ce que je produis, et incorpore mon projet « Lost Frequencies » en jouant des vieilles chansons ! Quand je suis dans le studio, je m’amuse aussi beaucoup à produire, donc je n’ai pas vraiment de favoris.


A choisir, tu préfères remixer ou produire des compositions originales ?


J’adore faire les deux, car quand je remixe, c’est parce que j’adore l’originale, et quand je crée une chanson à partir de zéro, c’est chouette, car ça montre aussi que je peux créer moi-même des trucs !


Apparemment, selon plusieurs sources très diverses, la fin de l’EDM serait proche, que penses-tu de ce genre devenu très populaire, et ce, même aux USA ?


Je comprends que ce soit très populaire, car c’est facile à aimer et on passe un bon moment, mais les genres musicaux ont toujours évolués, cela a toujours été comme ça, ça va de « hard » à « soft » et puis de nouveau à « hard », et là on peut considérer que l’EDM était une partie « hard », et les gens reviennent un peu au calme, pour ensuite probablement de nouveau se relâcher sur un genre plus lourd. J’aimerais quand même être clair sur le fait que beaucoup de gens confondent l’EDM pour un genre spécifique. EDM veut bel et bien dire « Electronic Dance Music », ce qui veut littéralement dire de la musique électronique « dance », ce qui, au final, envelopperait tous les genres de musique électronique selon moi, car c’est très général. Pour moi l’EDM ça peut être de la Tech House, comme de la DNB ou de la Dubstep, en passant par la Big Room, qui est probablement le genre que vous mentionnez dans cette question. Je ne pense pas qu’il y aura une « fin » à ce style de musique ; plutôt que les meilleurs de ce style resteront, et évolueront. Comme on pourrait dire que Skrillex est resté, même si la Dubstep a eu un gros down. Je dis bien « a eu » car pour moi, ce style de musique est en train de remonter, mélangé avec de la Trap, ce qui donne un côté très moderne à la Dubstep actuelle.


Souvent, les labels tiennent à avoir un droit de regard sur les morceaux. De quelle liberté disposes-tu ? As-tu déjà vécu des frictions vis-à-vis de la finalisation d’un titre ?


Grâce à la notoriété que j’ai maintenant, je n’éprouve pas ce genre de problème. Je me souviens qu’à la sortie de « Are You With Me » Armada a changé deux trois détails, mais ils n’ont rien changé à la chanson même, donc tout va bien!


Le stress du séquenceur blanc, tu as déjà connu ? Ton inspiration est-elle foisonnante ou en dents de scie ?


Non je n’ai jamais eu ça! J’ai toujours des idées, et si je n’en ai pas, alors je commence par travailler des claps/kicks/etc., et l’inspiration vient en travaillant ces sons là.


Tu as mixé dans plusieurs endroits de renom tels que des festivals, clubs, et grands événements. Quel est l’endroit ou tu souhaiterais absolument te produire ?


J’ai pu faire déjà tellement d’endroits de rêve, que je n’ai pas vraiment de souhait spécifique. Maintenant, je ne me concentre pas vraiment sur l’endroit ou je joue, mais vraiment sur le fait que je fasse un chouette show, adapté, pour que tout le monde passe un bon moment!


Tu as joué au Palais Royal le mois dernier comme invité spécial de la remise des Prix Belgodyssée 2015 pour jeunes journalistes (Fonds Prince Philippe), devant nos souverains. Comment as-tu appréhendé cela ? Plus, ou moins de pression que pour Tomorrowland ?


C’était assez marrant d’entendre de la musique électronique dans le Palais Royal, la simple image de la scène me fait encore sourire, jamais de ma vie je n’aurais imaginé joué un de mes morceaux en face du roi. J’étais stressé oui, mais un stress différent de Tomorrowland en tout cas !


Tout le monde sait que tu t’exprimes extrêmement bien en français, en néerlandais et en anglais. Maîtriser aussi bien deux des trois langues nationales est une denrée rare en Belgique, quel est ton secret ?


Je n’ai pas vraiment de secret, mes parents m’ont beaucoup aidé ! Je parle français à la maison, j’ai été en internat à Gand pendant 4 ans, et puis pendant 4 mois en Californie. J’ai donc, le long de mon parcours, pu améliorer les langues que je parle actuellement!


As-tu le temps de gérer tes réseaux sociaux personnellement ou bien en as-tu délégué la gestion ?


Kiff/Kiff, je fais des posts quand j’en ai envie, mais maintenant il y a pas mal de gros événements qui demandent de poster des images promo pour les événements, et ça, c’est plus mon manager qui s’en occupe! Mais je réponds moi-même à mes fans quand j’ai le temps, et c’est moi qui gère mon instagram et mon snapchat en tout cas! (petite pub, mon snapchat est : felixdelaet).


Ta méthode pour te ressourcer loin de l’agitation médiatique et du clubbing ?


J’habite à la campagne ! Donc quand je rentre chez moi, j’ai mes deux chiens qui sont là, et je joue un peu à la PS4, ce qui me détend en tout cas !


Dernière question : LA question Ready2Move. As-tu un scoop à faire partager à nos internautes ?


Pas vraiment de scoop, mais j’ai juste envie de remercier tout le monde pour tout le soutien, et je suis très impatient de sortir mon album, en construction !!


Un énorme merci Félix ! Nous te souhaitons le meilleur pour la suite, qui, nous l’espérons, sera longue !


01 Février 2016, 18:41
by Nick In Time